Quelle méthode pour apprendre l’arabe aux enfants ?

Au moment où vous vous dîtes “ Comment ai-je pu oublier ? “, il se peut que votre ami pense “ Comment ai-je pu m’en souvenir ? “.

Chaque individu a une mémoire différente, ce qui implique une sensibilité d’apprentissage différente.

Ainsi, on estime que :

  • 40% des gens ont une mémoire visuelle
  • 40 % ont une mémoire auditive ;
  • 20 % ont une mémoire kinésique.

Chacun d’entre nous va donc stocker une information dans sa mémoire et y accéder de manière très différente.

Apprendre, ce n’est pas seulement lire et répéter des centaines de fois pour mémoriser… au contraire !

Grâce aux neurosciences, nous savons que répéter une information plusieurs fois de la même manière peut bloquer son assimilation.

De nombreux facteurs entrent en compte pour optimiser l’apprentissage et cela est aussi valable pour les enfants.

L’apprentissage est un mécanisme d’assimilation de l’information au travers des cinq sens : la vue, l’ouïe, le toucher, le goût et l’odorat.

Lorsque vous vous remémorez un souvenir, vous pouvez revoir la scène et tout ce qui lui est lié : les sons, les odeurs, les saveurs ou encore les émotions que vous avez ressenti.

De ce fait, plus le système nerveux de l’enfant (ou de l’adulte) est mis à contribution dans son apprentissage, plus il aura de facilité à s’en souvenir.

Pour qu’un enfant apprenne facilement, il faudra tenir compte de son âge, de ses capacités et suivre une pédagogie adaptée et ludique stimulant l’ensemble de ces sens.

Un apprentissage selon l’âge

De nos jours, les spécialistes s’accordent pour dire qu’un enfant entre 0 et 6 ans exposé à plusieurs langues apprendra plus facilement.

Il n’y a donc pas d’âge pour devenir bilingue et donc arabophone.

Au contraire, arrivé à l’âge de 6/7 ans, le cerveau est de moins en moins apte à être exposé à une autre langue et à l’apprendre.

Cela ne veut pas dire que passé cet âge on ne pourra plus devenir arabophone, cependant, le cerveau d’un enfant est prédisposé à cela.

Tous les bébés ont la capacité de percevoir et de prononcer tous les sons de toutes les langues.

Cette faculté se perd petit à petit jusqu’à l’âge de 6 mois, puis plus rapidement après 3 ans.

A l’âge de 2/3 ans, période où le langage se développe considérablement, un enfant est capable d’apprendre jusqu’à 40 nouveaux mots par jour !

Autant dire que peu d’adultes ont cette capacité.

Pour qu’un enfant apprenne une langue, les spécialistes estiment qu’il doit y être exposé quotidiennement 30% de son temps.

Attention, il est important que l’enfant ait des interactions sociales en arabe.

Si son seul lien avec la langue arabe sont des dessins animés ou des applications éducatives, cela ne sera pas suffisant, car ce sont des activités passives.

Quand ils sont tout petits, les enfants évoluent très vite et leur apprentissage diffère beaucoup selon leur âge.

Avant 6 ans, ils n’ont pas besoin de cours structurés et organisés, leur apprentissage se fait au travers de leur environnement de manière implicite.

Cependant, il est certain qu’un enfant de 2 ans et un enfant de 5 ans n’ont pas les mêmes capacités.

A 2 ans, un enfant a encore une grande capacité de perception et de prononciation de n’importe quel son de n’importe quelle langue.

Il est dans une période où il peut mémoriser énormément de vocabulaire.

Par contre, il n’a pas encore la faculté de faire des phrases longues et complexes, ni d’apprendre à lire, et sa motricité fine n’est pas assez développée pour pouvoir écrire.

Alors qu’à 5 ans, l’enfant est en âge de s’exprimer clairement et à la capacité de faire des phrases plus complexes et structurées.

Il est également capable d’apprendre à lire l’arabe et comme il a acquis une meilleure coordination de ses gestes, c’est aussi l’occasion pour lui d’apprendre à écrire.

Si ses capacités évoluent en grandissant, les ambitions d’un enfant ne sont pas les mêmes en fonction de l’âge.

Un jeune enfant apprend une langue naturellement, il aspire à s’adapter à son environnement, le langage étant le facteur de base pour se socialiser.

Exposé très jeune à la langue arabe par le biais d’activités actives, il apprendra facilement et sans effort grâce à sa grande faculté d’adaptation.

En grandissant, l’enfant conserve toujours une certaine facilité d’adaptation, mais il pourra trouver d’autres motivations comme scolaires ou religieuses.

Avant l’âge de 7 ans, un enfant peut apprendre l’arabe de manière implicite, sans suivre de cours. 

Passé cet âge il conserve ce potentiel, mais étant désormais scolarisé, il pourra dès 6 ans prendre des cours d’arabes organisés et structurés.

En fonction de leur âge, ils n’apprendront pas la même chose : à l’âge préscolaire on insistera sur le langage, le vocabulaire, la prosodie.

Il va de soi, qu’essayer d’apprendre à écrire à un bébé ne sera d’aucune utilité !

Il peut également commencer à mémoriser les sourates dîtes “ courtes “ du Noble Coran ou encore des invocations prophétiques du quotidien.

Par la suite, en grandissant, il pourra apprendre l’alphabet, puis la lecture et l’écriture.

S’adapter à la personnalité de l’enfant

Comme nous venons de le voir, plus un enfant est exposé tôt à la langue arabe, plus il aura de facilité.

Vous pouvez commencer dès la naissance, l’apprentissage de la langue arabe ne se limite pas du tout à son âge.

Au contraire, l’âge n’est qu’une indication large pour savoir où se situer dans ce qui lui sera transmis.

Pour autant, ce qui lui est enseigné doit être adapté aux capacités de l’enfant et à ses envies, plus qu’à son âge.

Un enfant est animé par une curiosité naturelle et l’envie d’apprendre, mais il est difficile de lui enseigner une chose à laquelle il ne s’intéresse pas. 

C’est pourquoi, il faut suivre ses envies du moment.

Si vous remarquez qu’il est dans une période où il est attiré par la lecture, stimulez-le dans ce sens : lisez-lui des histoires ou laissez-lui vous les raconter.

S’il est attiré par l’écriture, favorisez cette activité, s’il apprécie particulièrement les animaux, enrichissez son vocabulaire animalier, etc.

Cette méthode permettra à votre enfant de progresser beaucoup plus vite et de manière qualitative.

Vous n’aurez aucunement besoin de le forcer pour qu’il apprenne et c’est lui qui sera en demande.

Stimuler les sens de l’enfant

Le cerveau est un système impressionnant sur lequel il faut se pencher pour entrer dans l’apprentissage de l’enfant et lui permettre de s’épanouir.

Le cerveau d’un enfant peut contenir jusqu’à 100 milliards de neurones.

Cependant, le réseau neuronal se mettra en place de manière différente en fonction des émotions et des stimulations cognitives.

Pour libérer tout le potentiel d’un enfant, il est fondamental d’être empathique envers lui.

L’apprentissage par la peur est à bannir, car même s’il apprend, il apprend très mal.

Le stress va produire une hormone, le cortisol, ce qui va agir sur la mémoire de manière négative et va inhiber l’enfant.

Il faut au contraire, l’encourager et le soutenir pour développer une zone importante dans le processus d’apprentissage : l’hippocampe.

De cette base bienveillante, il s’agira ensuite de stimuler les différents sens pour faciliter l’apprentissage.

En effet, tous les souvenirs présents dans notre mémoire sont d’abord passés par nos sens.

De ce fait, plus il y aura de sens qui seront stimulés, plus l’apprentissage sera aisé.

Il faudra donc faire en sorte de varier les stimulis sensorielles :

  • la vue
  • l’ouïe
  • la kinesthésie, c’est-à-dire les sensations (le toucher, la gestuelle, les émotions).

Pour que l’enfant apprenne tout en s’amusant, on stimulera son ouïe en lui faisant écouter et répéter des comptines en arabe sur différents thèmes, comme :

En plus de ces activités dites “ actives “, l’enfant peut également utiliser une application éducative ou regarder des dessins animés en arabe pour les petits ici, comme pour les plus grands ici.

Tout cela va stimuler l’ouïe, mais également la vue de l’enfant : il associera le mot qu’il entend à une image et s’en imprégnera plus facilement.

La majorité des informations qui nous parviennent dans une journée sont visuelles : la vue nous donne plus d’informations que l’ouïe et le toucher et de manière plus rapide. 

Lire des livres illustrés avec son enfant ou lui tendre un objet en prononçant le mot en arabe, sont tout autant de façon de travailler à la fois la vue et l’ouïe.

Le toucher est quant à lui le premier des sens de l’embryon à se développer, ce qui implique qu’il est fondamental.

Chez l’enfant, le toucher à la prédominance sur tous les autres dans sa découverte du monde.

En associant le toucher à ses autres sens, sa capacité d’apprendre augmente, car le réseau de neurones qui se forme est alors plus complexe.

Le matériel pour développer le toucher devra séduire, attirer l’enfant.

Tous les sens sont importants dans le processus d’apprentissage, mais chaque personne, chaque enfant est différent.

Certains auront une mémoire visuelle, d’autres auditive et d’autres kinesthésique, il faudra donc favoriser le sens auquel l’enfant est le plus sensible.

C’est en ce sens que les lettres rugueuses sont utilisées afin d’aider à la mémorisation de l’alphabet arabe.

Comme leur nom l’indique, les lettres rugueuses vont stimuler le sens du toucher de l’enfant, mais également l’ouïe, la vue et le mouvement.

Le travail combiné de tous ces sens va permettre à l’enfant d’apprendre facilement les lettres arabes en les imprimant dans son cerveau.

Vous pouvez acheter directement un coffret, ou confectionner ces lettres vous-même à partir de papier abrasif, en découpant les lettres et en les collant sur un support rigide comme du carton ou du bois.

Les lettres rugueuses sont un outil sensoriel indispensable de la méthode Montessori et est très intéressant pour apprendre à reconnaître les lettres ainsi que leur sonorité.

La pédagogie Montessori préconise entre autres, l’apprentissage et la stimulation de l’enfant par les sens, partant du principe que solliciter tous ses sens pour apprendre participe à son développement intellectuel.

Les alphabets arabes imagées

Un certain nombre de concepts ont émergé avec les nouvelles technologies et lorsqu’ils s’appuient sur les connaissances modernes sur la mémoire et l’apprentissage, cela donne des outils ludiques et pédagogiques très efficaces adaptés aux enfants.

Parmi ces nouvelles méthodes d’apprentissage : les alphas en arabe.

Les alphas sont un concept d’alphabet arabe en forme de personnage, un alphabet déguisé.

C’est une méthode d’initiation à la lecture par le biais d’images mentales qui fonctionne très bien.

Cette technique utilise l’association d’images : chaque lettre est associée à une image particulière facile à mémoriser et représentée par un personnage ou objet.

Ces lettres sont ensuite intégrées à des mini histoires loufoques, ce qui permet de créer des connexions dans le cerveau entre les différents éléments pour faciliter la mémorisation.

Cette méthode fait appel à la pluralité des sens de l’enfant.

Rappelez-vous que la mémoire est d’ordre visuel et auditif, mais également kinésique, ce qui comprend le toucher, la gestuelle et les émotions.

Apprendre l’alphabet par le biais d’histoires engendrant des émotions comme le rire, la joie, l’étonnement, va stimuler le souvenir de l’enfant.

La lettre, associée à un personnage lui-même intégré à une histoire amusante et délirante, va contribuer à marquer la mémoire de l’enfant qui s’en souviendra plus facilement.

Cette méthode s’avère très efficace pour débuter avec votre enfant dans la langue arabe de la meilleure des manières, avec l’apprentissage de l’alphabet arabe et de la lecture tout en s’amusant.

N’oubliez pas que si votre enfant prend du plaisir à apprendre l’arabe, il y a de grandes chances qu’il veuille en découvrir davantage sur cette langue en grandissant.

Comme l’a dit Voltaire “ Ce qui touche le cœur se grave dans la mémoire. “